Dégustation du soir, Réunion

Savanna Wild Island – Partie 1

C’est dans un contexte quelque peu particulier que nous nous plongeons aujourd’hui dans une nouvelle série de la distillerie Savanna. Cette série aurait initialement dû être présentée lors du Rhum Fest Paris 2020, au mois d’avril. Un petit virus plus tard, nous voici en septembre pour enfin en parler.

Cette année la distillerie a décidé de mettre en avant son île à travers ses richesses. Et qui dit richesses insulaires à la Réunion dit forcément nature sauvage. Le nom de la série était tout trouvé, en route pour la série « The Wild Island Edition ».

Cette série de 4 embouteillages nous emmène visuellement dans les 4 endroits emblématiques de l’île : le volcan, la forêt tropicale, les plages et enfin la mer et sa faune. Côté rhum, la série est composée d’un rhum traditionnel avec une finition inédite, d’un agricole avec une finition classique mais toujours réussie et enfin de deux grands arômes relativement proches sur le papier mais différents dans le verre. Partons donc ensemble à leur découverte !

1 – Wild Island « Plage » – 52,7%

Nous commençons cette série avec le rhum au titre alcoolique le plus bas de la série. Nous sommes ici face à un rhum « traditionnel », c’est-à-dire à base de mélasse et ayant subi une fermentation classique, vieilli 16 ans en fût de Cognac avant de terminer son vieillissement dans un fût d’Armagnac. Il s’agit d’une première puisque jusqu’ici aucun Savanna n’avait eu de finition Armagnac mais, grâce au partenariat entre la distillerie et la maison Darroze, voilà une nouvelle branche à ajouter à l’arbre.
Le rhum a été distillé en 2003 et mis dans le fût n°987 en octobre de la même année. Il a été soutiré et embouteillé 16 ans plus tard à 52,7%.

Nez

Comme attendu au vu de l’âge du rhum, le nez est principalement boisé. Celui-ci n’est pas sec, il est à classer dans les boisés riches, gourmands, avec pas mal d’éléments inclus. Les arômes de caramel viennent enrichir un côté vineux indubitable.
Les fruits sont confits, avec de la prune notamment. Le raisin de l’Armagnac est bien présent également, signe que la finition a bien marqué le rhum.

Bouche

Pas de surprise en bouche après le nez, c’est très cohérent. Le boisé riche, couplé aux fruits confits, est toujours bien présent et se laisse appréhender tout en douceur.
Les 53% ne sont pas agressifs du tout et on est sur un rhum tout en sagesse, presque trop délicat quand on est comme moi amateur des rhums plus « punchy » de la distillerie.
Le verre se laisse vider sans sourciller et on a là clairement un rhum classieux qui plaira à pas mal de monde mais qui laissera les amateurs de sensations fortes sur leur faim.


2 – Wild Island « Volcan » – 66,5%

Après le calme relatif de l’océan, direction les hauteurs et le très actif Piton de la Fournaise! Vous aviez aimé le Thunderstruck l’année passée? Vous devriez adorer ce volcan en éruption, en tout cas sur papier. Sous cette magnifique photo se cache en effet un rhum grand arôme distillé en 2003 et ayant séjourné 15 ans en fût de Cognac.
15 ans, voilà qui égale le record du plus vieux grand arôme embouteillé (avec la version Porto de 2019) mais surtout 66,5%, soit ni plus ni moins que le plus haut titre alcoolique sorti de la distillerie en vieux, le Créol Straight ne le devançant que de moins d’un degré avec ses 67,2%. Amateur de douceur et de délicatesse, passez votre chemin.

Nez

Hmmm une belle salade de fruits envahit immédiatement la pièce. La pêche, bien mûre, accompagnée de notes de fraise, est enrobée pour former un caramel bien fruité. Le boisé est fraîchement ciré, avec encore un peu d’humidité. Des notes de tabac sont aussi présentes dans ce nez complexe et gourmand. Contrairement au précédent l’olive est absente ou presque.

Bouche

On retrouve sur le palais les fruits du nez, la pêche est ici accompagnée de raisin pour la gourmandise. Étonnamment les 66% passent sur la langue sans brûler. Il est expressif mais sans être trop agressif.
Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi facilement buvable. Les olives font leur apparition dans la longueur en bouche, juste histoire de marquer le palais de leur empreinte.

2bis – Comparaison avec le Thunderstruck

Au vu de la fiche technique de ce Wild Island Volcan, un face à face avec le Thunderstruck est inévitable. Du coup on se sacrifie et on attaque ce duel de brutes!

Au nez le Thunderstruck est nettement plus sec et boisé. Le côté végétal et des notes de fumée viennent complèter un profil bien moins gourmand que celui de ce « Volcan », bien fruité et enjôleur.
En bouche le Thunderstruck était très marqué olives et fumé et on retrouve cette même différence bien marquée avec de nouveau un « Volcan » très fruité.
Ma préférence va nettement à ce nouvel opus, là où le Thunderstruck était bien fait mais pas trop à mon goût, la faute au boisé et aux olives.


Conclusion

Voilà déjà deux belles nouveautés avec d’un côté ce nouveau finish Armagnac plutôt sage mais toutefois réussi, ainsi que ce Grand Arôme plus qu’extravagant mais tellement funky! Malheureusement ce volcan s’annonce déjà compliqué à trouver vu le faible nombre de bouteilles sorties… Vivement la suite de cette série Wild Island!

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