Spiritueux (hors rhum)

Cognac Grosperrin Fin Bois 2006

Nous continuons la découverte du monde du Cognac en reprenant là où nous avions démarré, à Juliac-le-coq chez les Fillioux, pour prendre la direction l’autre grande ville du Cognac: Saintes. Nous nous trouvions entre Ségonzac et Archiac en pleine Grande Champagne et en nous dirigeant vers Saintes nous allons changer de terroir. Saintes se trouve en bordure de zone de Fins Bois mais pour nous y rendre nous traversons soit la Petite Champagne, soit les Borderies. Voilà donc que nous avons traversé 4 des 6 zones reprises dans l’AOC, chacun caractérisée par son terroir.

source: www.infiniment-charentes.com

Mais si nous arrivons à Saintes, ce n’est toutefois pas dans un vignoble que nous atterrissons puisque le quartier général des Cognacs Jean Grosperrin se trouve en pleine ville, en bordure de Charentes. Et quoi de plus normal puisque Jean Grosperrin à l’époque, et ses enfants Guilhem et Axelle actuellement, ne sont pas producteurs mais bien négociants de Cognac. Ce qui veut dire qu’ils parcourent l’entièreté de la zone AOC pour sélectionner les meilleurs Cognacs d’hier et d’aujourd’hui et les mettent en bouteille pour notre plus grand bonheur. Car oui, les Grosperrin sont des négociants de Cognac mais ils sont surtout d’incroyables passionnés avec un palais très juste et très affuté!

Ils embouteillent donc aussi bien des Cognacs de Grande Champagne que des Cognacs de Bois Ordinaires, et aussi bien des alcools du début du XXème siècle que des alcools du début du XXIème siècle! Je suis personnellement tombé amoureux de leur façon de travailler dès ma première visite chez eux, il y a 3 ans de cela. Et ce ne sont pas les heures encore passées dans le chai cette année qui vont améliorer les choses 🙂 Bref vous l’aurez compris, vous n’avez pas fini de m’entendre parler de cette famille et de ses sélections tant il y a à dire!

Le chai de Saintes… on y passerait des journées entières!

Mais aujourd’hui nous allons nous concentrer sur une de leurs sélection en particulier. Cette sélection, outre le fait qu’elle vienne des Fins Bois, a la particularité d’être étiquetée « Folle Blanche ». Pour comprendre de quoi il s’agit il faut revenir en arrière. Avant la crise du Phyloxera, le vignoble cognaçais était composé d’une bonne part de ce cépage, la Folle Blanche. Le vilain champignon ayant fait son effet, les vignerons ont dû trouver une solution et le cépage Ugni Blanc a alors pris la place des autres cépages pour représenter aujourd’hui près de 98% du raisin cognaçais!

Mais tels d’irréductibles gaulois, le Colombard et la Folle Blanche restent présents par endroits, d’autant plus que cette dernière est en train de revenir à la mode. La Folle Blanche est donc un cépage fragile, difficile à travailler et à plus faible rendement. Mais tous ses inconvénients sont compensés par des eaux-de-vie pleines de fraîcheur, de fruité et de floralité. Qui plus est ici, elle est cultivée sous le label Agriculture Biologique. Une raison de plus de se pencher sur ce Cognac récolté en 2006 et mis en bouteille en début de 2018 au titre de 43,9%.

Nez

La première impression est à la fois fruitée et mêlée de sucre cuit. C’est frais et élégant, le raisin est frais et gorgé de soleil, il se mêle à la pêche, la nectarine, la poire, l’orange et l’ananas. Les fleurs sont présentes aussi avec une pointe de violette notamment. Le boisé est très discret, il apporte juste ce qu’il faut de profondeur à l’ensemble. Le profil qui en résulte est bien marqué par le végétal, frais, organique et fruité à volonté.

Bouche

Sur la langue la première approche est moins marquée par le fruit, le boisé se montre ici plus présent. Il se mêle aux fruits à coque plutôt qu’aux fruits frais pour prendre une touche toastée. Il va jusqu’à se caractériser par une petit amertume de boisé dans la longueur. Les fruits refont par moments une apparition mais ils sont caramélisés, presque grillés. Des notes végétales ressortent malgré tout, rendant à cette bouche un peu de la fraîcheur que le nez nous vantait si bien.

Conclusion

Nous voilà face à un bon Cognac, qui comble les attentes pour peu que l’on soit cohérent dans celles-ci. Inutile de demander à un Cognac de 12 ans 100% Folle Blanche la profondeur d’un Cognac de Grande Champagne de 40 ou 50 ans. Il n’en a évidemment ni la longueur ni la complexité, ce qui peut surprendre celui qui débute dans ce cépage. Cependant lorsque l’on sait à quoi s’attendre, voici un Cognac qui exprime ce qu’il doit: du fruit et de la fraîcheur au nez, du boisé en bouche pour montrer qu’il a tout de même vu le loup et pris du caractère. Un verre qui se boit facilement et permet de prendre conscience de l’intérêt de faire revivre ce cépage un peu disparu et pourtant si beau. Nous retournerons plus d’une fois ensemble dans les trésors de la famille Grosperrin et vous verrez que vous aussi, vous aurez envie de finir par passer et repasser par Saintes!

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