Dégustation du soir, Spiritueux (hors rhum)

Grape of the Art – De Pasquet à Cutxan

Grape of the Art vous commencez à connaître maintenant, je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises. Souvenez-vous, il y a avait eu un premier Armagnac, suivi d’un deuxième et et d’un rhum. Il est temps maintenant de nous pencher sur les deux bouteilles suivantes, à savoir un premier Cognac et un troisième Armagnac. De quoi assouvir mon amour toujours plus grand pour le jus de raisin 😉

1 – Jean-Luc Pasquet Lot 68-72 – 66,6%

Tant qu’à sortir un premier Cognac, pourquoi en effet ne pas se tourner vers la famille Pasquet? Eux qui produisent et négocient du Cognac de père en fils et qui ont souvent le nez fin pour nous dégoter des trésors dans les chais oubliés. Cette fois-ci les allemands de Grape of the Art ont sélectionné parmi les chais des Pasquet un Cognac fait de l’assemblage de plusieurs millésimes, de 1968 à 1972, issus du domaine d’André Porcher. Cet assemblage, réalisé dans les années 80 est 100% Fins Bois et composé d’Ugni Blanc, le raisin majoritaire dans le cognaçais. Le résultat de l’assemblage a été réparti en fûts uniques et celui qui nous intéresse a été conservé en fût sec, permettant à son titre alcoolique de grimper en flèche pour atteindre 66,6%, c’est à dire le degré d’embouteillage. Les 276 bouteilles étaient commercialisées au tarif de 330€ et se sont écoulées très rapidement. Passons à la dégustation 🙂

Nez

Voilà un beau Cognac avec au début des parfums classiques: un boisé plutôt rond, ciré, et un côté vineux/rancio. Mais avec l’ouverture il se complexifie pour partir dans (presque) tous les sens! La cannelle et une pointe de réglisse ouvrent le bal, suivies de près par un fruité équilibré à base de prune et de cerise confite. Du chocolat noir s’accompagne de vieux cuir pour structurer le profil et laisser transparaître une note acidulée (bonbon arlequin) qui vient porter la touche finale à l’édifice. Le résultat est très plaisant, bien structuré et avec un équilibre sur le fruité remarquable.

Bouche

Sur la langue le titre alcoolique se fait ressentir, il est immédiatement vif avec un profil plus lourd que ce que le nez laissait espérer. Le boisé fait un net pas en avant, il se pare de caramel brûlé et d’autres notes empyreumatiques avec une pointe de caoutchouc. Le côté vineux du nez fait aussi un pas en avant pour devenir opulent. Il s’agrémente de raisins confits, d’une pointe de Tonka et même de notes de solvants par moments. Vraiment surprenant, comme si le profil du nez s’était alourdi en perdant son équilibre fruité.

2 – Cutxan 2006 – 50,5%

Deuxième bouteille du jour, retour dans l’Armagnac avec là aussi une co-sélection puisque l’eau-de-vie a été sélectionnée en partenariat avec les amis de l’Encantada! Il s’agit là d’un Bas-Armagnac, sorti du village de Cutxan et distillé en 2006 à base d’Ugni Blanc là aussi. Embouteillé brut de fût lui aussi, il titre à 50,5% et est commercialisé en ce mois de juin au tarif de 135€ pour 1 des 251 bouteilles. Passons là aussi à la dégustation!

Nez

Même après une belle aération le profil est puissant et expressif. Il a des choses à raconter et n’a pas l’intention de faire dans la délicatesse. Il exprime une grande variété de parfums, du boisé ciré au fruité à base de baies en passant par un joli caramel vanillé. Des notes d’une fraîcheur sucrée, me rappelant la « pomme d’amour’ se mêlent à un tabac blond agréable. L’ensemble est plutôt confit, avec du raisin sec comme trame tout au long du voyage.

Bouche

Le boisé prend une place plus importante sur le palais, avec une certaine gourmandise tout de même. Le fruité est net mais il est comme enrobé de cuir et de notes de tabac dans un joli mélange assez inhabituel. Le caramel vanillé du nez est resté trop longtemps sur le feu et a commencé à griller, se parant de petites notes de Tonka en complément. Ce boisé complexe perdure dans une belle longueur qui reste sur le palais.

Conclusion

Voilà encore deux beaux produits pour qui aime les ‘gnacs de caractère. Amateur de délicatesse florale d’une folle blanche jeune, passe ton chemin! On est ici sur deux profils très charpentés mais certainement pas monolithiques, plutôt complexes et évolutifs. je ne les conseillerais pas comme porte d’entrée dans le Cognac et l’Armagnac mais pour un palais déjà averti, ces deux bouteilles sont un bonheur de profondeur.

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