Salons - évènements

Whisky Live 2019: un week-end hors du temps

En ce début du mois d’octobre le monde des spiritueux est au cœur de sa saison des salons. Après le Salon Dugas et avant le Salon de Spa qui se profile il y avait un événement incontournable: le Whisky Live Paris! Après une édition 2018 haute en couleur, l’attente était forcément grande et c’est en délégation belgo-belge que nous avons pris le Thalys en direction de la ville lumière. Au programme, un dimanche matin dans les transports en commun, une après-midi/début de soirée parmi les spiritueux, une soirée de Cocktail Street et un lundi parmi les professionnels du secteur avant un retour, juste un peu épuisé 😀

Présentation des lieux

Après donc une matinée de train (8h30-12h, un dimanche matin de rêve 😉 ) je laisse mes collègues belges passer par l’hôtel et je me dirige directement vers le salon. Première étape, arriver face à la grand halle de la Vilette et se dire: « Ah ouais, quand même, c’est encore plus grand » car oui, le Whisky Live a déménagé et donc oui, il s’est encore agrandi. La grande halle, entièrement dédiée à tout ce qui n’est pas rhum (Whisky, Cognac, Armagnac, zone VIP, Shop, etc), est vaste et permettra, tout au long du week-end, une circulation agréable entre les stands malgré l’affluence. La Rhum Gallery, elle, se retrouve dans une annexe un peu plus exiguë et je dois bien avouer que la journée du lundi aura démontré que le lieu est trop petit pour la foule qui s’y pressait. La Cocktail Street, séparée de la zone « nourriture », est plus grande que l’année passée et se fait du coup bien plus agréable et vivable. Enfin rayon « food », un bon point sur la variété des échoppes et la qualité proposée, mais un point noir sur leur nombre: manger à l’heure du repas a été un parcours du combattant (mention spéciale à l’heure de file lundi midi) et les échoppes ont tellement été prises d’assaut que je n’ai jamais pu choisir parmi tous les repas proposés, il y avait systématiquement des menus « soldout ». Bref, à repenser pour l’année prochaine et à agrandir!

Dégustations 1ère partie: le rhum

Commençons donc par le commencement: le rhum! Car oui, sans vous spoiler, j’ai dû goûter autant de Cognacs/Armagnacs/Calvados que de Rhums mais nous verrons ça dans la seconde partie 🙂 Donc premier contact et hop, direction la Rhum Gallery. Un premier coucou au stand Savanna derrière lequel j’allais me retrouver un peu plus tard, puis direction mon autre chouchou: le stand Neisson, encore désert à cette heure-ci. Longue discussion avec Alex Bobi (maître de chai et directeur de production de la distillerie pour ceux qui l’ignoreraient) et dégustation des nouveaux « Tatanka ». Sur conseil d’Alex je commence par le brut de fût (Neisson 2015 « Le Chai » – 54,7%). Celui-ci me donne une impression de boisé sec, très marqué par les épices qui laissent peu de place aux fruits. Passage ensuite au réduit (Neisson 2015 « Le Chai » – 45%) pour, je cite Alex, « percevoir l’impact de la réduction d’eau et être au plus proche de la perception du maître de chai lors de la réduction« . Le concept est totalement logique en soi puisque le maître de chai goûtera toujours la version brute avant de le réduire. Et là, révélation, les fruits sont bel et bien là. Les épices sont toujours présentes mais bien plus équilibrées. Le verre vide sent l’orange et le chocolat. Première belle découverte. Entre temps un deuxième verre m’est proposé avec le rhum qui aura tant fait parler de lui ce week-end, le Neisson 2003 cuvée Sacha. Packaging collector, éditions limitées pour chaque « continent », prix LMDW annoncé stratosphérique (1200€ quand même), tout le monde en a parlé et j’en connais même qui ont déjà craqué. Donc dégustation, c’est très boisé et relativement puissant en bouche. Les 46,1% font plus que leur job et c’est assez expressif, malheureusement trop boisé à mon goût.

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Neisson 2015, brut de fût à gauche, réduit à droite

Passé une escapade armagnacaise, demi-tour pour nous retrouver face au stand Capovilla. Premier contact avec la nouvelle édition des Rhum Rhum Libération, version 2019 cette fois. De nouveau nous commençons par le full proof avec un nez typique Libération, comprenez très marqué « poudre à canon ». La bouche apporte un boisé sec et des touches de miel. Pas hyper gourmand donc. La version réduite quand à elle apporte un peu plus de rondeur en finale, elle est moins sèche et plus agréable mais rien de fantastique (merci à Vincent D pour les photos). Voilà qui confirme selon moi la chute d’intérêt gustatif de ces Libération qui, depuis le 2015, ne font plus l’unanimité.

Après une petite pause derrière le stand de Savanna, retour au rhum avec un passage chez Hampden pour un premier contact avec le Great House (59%), un blend de marks différents, jusqu’ici commercialisé uniquement à la distillerie, et qui arrive sur nos marchés. Le résultat est un rhum très intéressant, bien pâtissier, avec un bon rapport qualité/prix et un vrai caractère Hampden. Je suis bien plus convaincu de celui-ci que des deux sorties de 2018 de la distillerie. Direction ensuite la zone vip pour goûter au Velier Hampden <>H 2010, un single cask brut de fût indiqué à 69,2% et dispo en exclusivité avant sortie. C’est très <>H, c’est à dire bien pâtissier, avec un solvant intégré, un fruité exotique bien mûr. Un vrai Hampden comme je les aime mais le tirage s’annonce très limité (170 bouteilles), ce qui augure d’ores et déjà une bouteille impossible à avoir ou presque… dommage…

images: http://www.whisky.fr

Enfin dernière aventure jamaïcaine du week-end, le nouveau Wild Parrot New Yarmouth 2005. Le rhum titre à 66,6% et sent bon la Jamaïque comme je l’aime. Le nez est pâtissier, chargé en fruits secs. La bouche est un rien en deçà, sur les même arômes mais moins présents et avec un manque de longueur étonnant. C’est sûr que ça ne vaut pas ses 229€ mais c’est un bon jamaïcain.

Wild Parrot New Yarmouth 2005
Image: The Wild Parrot

Ici se clôture le chapitre rhum de mon Whisky Live 2019, en tout cas ce dont il fallait parler. Bien sûr j’en ai dégusté d’autres mais soit ils ne m’ont pas époustouflé, soit mon palais n’était plus assez frais pour correctement les analyser, en tout cas je n’ai pas de notes de ces dégustations. Il y a notamment eu un Bally 2008 (de mémoire « sympa sans plus »), un Saint-James (trop boisé) et d’autres choses plutôt dispensables. Donc en gros si vous ne buvez que du jus de canne, c’est article est terminé pour vous 😀

Dégustations 2ème partie: Armagnac, Cognac et Calvados

Direction donc l’autre côté du salon pour un premier arrêt chez les amis de l’Armagnac: L’Encantada. Rien de neuf pour moi étant donné mon passage chez eux cet été mais il fallait regoûter leur nouveauté, le Domaine Le Freche 1990. La dégustation de cet été, parmi une multitude d’autres belles bouteilles lors de ma visite au chai, m’avait fait préférer un autre millésime. Je replonge donc dans cet embouteillage d’un domaine 100% Baco qui exprime ce dont ce cépage est capable, c’est à dire une eau-de-vie de caractère, au boisé épicé marqué. Plein d’autres choses très intéressantes sur le stand mais que je connaissais, je me suis donc surtout attardé à faire découvrir leurs produits aux amis!

Passage en latéral sur le stand d’à côté pour continuer cette escapade en terre armagnacaise du côté du Domaine de Charron. Là encore nous sommes dans le 100% Baco et je commence par le Charron 1999 qui révèle un profil plus fruité qu’à l’usage pour un Baco, avec un boisé épicé bien mélangé aux fruits. C’est plus « doux » que d’habitude et ça se rapproche d’un Armagnac d’assemblage Baco+Ugni Blanc. J’ai goûté un Charron 2004 aussi mais là on retombait dans le profil Baco typique auquel j’ai du mal à accrocher. Petit clin d’œil au passage à leur Folie Blanche, embouteillage d’une blanche d’Armagnac à 44% (comprendre distillat de raisin, ce qui deviendra l’Armagnac une fois vieilli) à base de Folle Blanche uniquement (issue d’un autre domaine). Je n’ai pas pris de notes mais c’était très sympa.

La section Armagnac se terminant là (oui je sais, seulement 2 stands, c’est peu), direction le Calvados avec pour commencer la maison Lecompte. Dégustation des 3 bouteilles présentées, le 5 ans est très fruité, la pomme est fraîche et agréable. Le 12 ans est très (trop) boisé et assez épicé alors que le 18 ans est un beau mélange des deux, sur la pomme caramélisée et avec un léger boisé.

On reste dans la pomme mais au stand des Calvados Drouin. Dégustation des deux nouveautés avec un 2000 fini en fût de Tokay qui est beaucoup trop marqué par le vin, le résultat est soufré (on dirait un Libération 😀 ). Par contre le 1986 nouvelle mouture, à 46,4%, est un de mes coups de cœur du salon. Un fruité hallucinant, une gourmandise à toute épreuve… Si ce n’était son prix je serais reparti avec une caisse! Si vous ne devez goûter qu’un seul Calvados dans votre vie, celui-ci me semble pas mal 😉

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Enfin, last but not least, direction la Charente pour une belle série de dégustation de Cognacs. Je m’étais promis de découvrir la gamme de Vallein Tercinier en profondeur et je m’y suis donc attelé (oui je sais, quel sens du sacrifice). Tout le comptoir y est passé et ce fut très très plaisant. On oublie le Napoléon, trop sec et boisé à mon goût. Retour sur le VT46 que j’avais déjà goûté et qui est très agréable, avec une belle fraîcheur et un raisin plutôt marqué. Le XO commence à se boiser, le nez est sur le raisin confit et les fruits rouges, la bouche sur la cerise. Le Hors-d’âge sera un coup de coeur, avec un nez pâtissier, marqué par l’amande et surtout une bouche très portée sur la mangue, accompagnée de raisin et de boisé. La fin de bouche est juste un rien trop astringente mais c’est très bien fait.

Après ces assemblages place aux « millésimes ». On commence avec le Lot 89, un nez sur le tabac, la fumée, le raisin et la poire. Une bouche plutôt astringente elle-aussi, avec moins de fruit et un boisé sec. Vient ensuite le Lot 70, mon deuxième coup de coeur de la table, avec un nez sur la cerise, le raisin sec et la frangipane et une bouche toute en fruits confits et en pâtisserie, un vrai délice. J’ai terminé par le Lot 40, avec un nez plus discret que le 70, sur le boisé et le raisin mais légers. La bouche est plutôt gourmande, avec du raisin confit, de la framboise, de la cerise et quelques fruits exotiques.

Enfin terminons par mon autre grand coup de coeur du salon, le Through the Grapevine Jean Fillioux lot 75. Un cognac merveilleux comme la maison Fillioux sait les faire, tout en fruité et rondeur, avec notamment de la poire. Pas plus de notes car lui j’ai préféré le savourer mais il devrait rejoindre ma cave d’ici peu.

Throuth the grapevine Fillioux lot 75
image: http://www.whisky.fr

Conclusion

Voilà qui termine donc mon compte-rendu du salon. En faisant un pas en arrière et en analysant mes dégustations je me rends compte que j’ai dégusté moins de rhum que d’autre chose, ce qui confirme ma tendance actuelle. Néanmoins je pense avoir réussi à cibler des rhums qui m’ont plus ce qui est déjà une belle performance. Côté ‘gnac, la tendance se confirme et je ne suis pas prêt d’arrêter de m’y intéresser, que ce soit les Cognacs ou les Armagnacs. Enfin je ne pourrais pas conclure sans avoir une pensée pour Vincent « L’Encantada » et pour la « Team Savanna », Samuel et surtout Cécile, sans qui mon Whisky Live aurait été bien plus classique que ce qu’il a été! On se donne d’ores et déjà rendez-vous en 2020!

PS: Impossible de conclure cet article dans évoquer la soirée « Food Street »/ »Cocktail Street » dont les détails resteront entre les participants mais dont je dois vous partager cette magnifique photo, ma préférée du salon 😀

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Deux belges et un French Mule

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