Dégustation du soir, Martinique

Neisson Label Rouge: Retour vers le futur

Je vais vous parler d’un temps que les moins de quarante ans pourraient ne pas connaître. Et pour cause, la bouteille dont nous allons discuter aujourd’hui remonte sans doute au début des années 80…

Direction donc la commune du Carbet, début des eighties. Le rhum en ce temps-là se distillait déjà jusque sous les fenêtres. Et de la distillerie Neisson sortait un rhum étiquetté « extra-vieux », titrant à 45% et arborant fièrement le « Label Rouge ».

Ce fameux label n’est ni plus ni moins que l’ancêtre de l’actuelle AOC Martinique. Il a été introduit en 1973 et c’est sa présence, aux côtés du logo « sécurité sociale » sur l’étiquette, qui fait converger les suppositions d’âge vers le début des années ’80.

Côté composition aucune information évidemment, si ce n’est que la couleur vient de l’ajout de caramel (à priori non-sucrant) et du brûlage des fûts, pratiques courantes à l’époque et maintenant encadrées par le cahier des charges de l’AOC.

Dégustation

Nez

Tout d’abord un constat: ça n’a pas grand chose à voir avec les Neisson actuels. Oublions donc le référentiel classique et ouvrons les chakras.
À l’aveugle j’aurais sans doute penché vers un vieux Cognac tant le nez reprend les marqueurs de ceux-ci. C’est vineux et boisé, marqué par les fruits confits et les épices. Le bois est plutôt présent mais sans écraser. Il est légèrement humide et s’accompagne de touches empyreumatiques. La vanille apparaît par moments au milieu d’un profil fruité plutôt acidulé sur la pêche et les fruits rouges.
Le profil olfactif est complexe et agréable, il appelle à prendre son temps pour en profiter.

Bouche

Sur le palais, le boisé est bien plus présent et nettement humide. Il apporte du caractère et de l’amertume à la dégustation, sans doute aussi parce qu’il s’accompagne d’un goût de caramel mais sans son côté sucré, juste le goût de sucre brûlé.
Là encore le parallèle avec un vieux Cognac se fait avec des touches de raisin et de prune, accompagnées d’épices légèrement infusées. Les notes empyreumatiques du nez sont toujours présentes aussi et restent un petit temps en bouche.
La longueur est moyenne et permet de profiter pendant tout de même une trentaine de secondes.

Conclusion

Voilà une conclusion qu’il est difficile d’écrire. Non pas pour la dégustation en elle-même mais plutôt pour le contexte: nous sommes ici face à un rhum qui ne se fait plus depuis des décénnies et qui se faisait dans une philosophie générale très différente de celle d’aujourd’hui. Je n’attendais donc pas forcément énormément de cette dégustation si ce n’est qu’elle ne nourrisse ma curiosité et on peut dire que ce fut le cas.
Le profil, très proche d’un vieux Cognac, m’a surpris mais passé ce premier constat le nez était très agréable et vraiment à mon goût. De ce fait, même si la bouche est plus en retrait avec ce bois mouillé je dois dire que j’ai dégusté ce rhum avec plaisir.
Reste LA question en suspens: est-ce que c’était mieux avant? Question à laquelle je ne répondrai pas 😉

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