Autres destinations, Dégustation du soir

The Antigua Distillery 2012 by Velier

Ce soir je me replonge dans un de mes premiers coups de cœur dans la famille des « rhums qui te font verser une petite larme la toute première fois que tu les bois, parce que t’es pas prêt», découvert lors de ma première dégustation au DecoRhum à Louvain-La-Neuve, fin 2018. 

Peu après cette dégustation, je m’en suis procuré une bouteille et, depuis, l’aération suit son cours, au rythme des verres qui en sont servis, toujours avec grand plaisir !

Ce rhum est en fait un « blend » (assemblage) de plusieurs fûts (27 au total), dont l’histoire est assez unique…

Son origine n’est pas une surprise, comme son nom l’indique, il vient d’Antigua, dans les Caraïbes. Il est d’ailleurs assez exceptionnel pour la distillerie, qui est plus habituée à faire des rhums plus « légers », entendez par là : contenant un taux moins élevé de congénères, qui sont l’ensemble des molécules aromatiques du rhum (notamment les fameux esters, bien connus des amateurs de rhums jamaïcains).

En effet, suite à un problème lors du procédé de distillation (une rupture de la colonne), la vinasse a fermenté plus longtemps que d’habitude, en résulte ce taux de congénères bien plus élevé qu’à l’accoutumée, ce qui lui vaut ce nom de « heavy ». Il a été distillé en 2012, vieilli en ex-futs de bourbon et a été embouteillé en 2018, soit 6 ans après, avec un titrage à 66% d’alcool.

C’est Luca Gargano (patron de Velier, s’il fallait encore le présenter) qui a découvert ce stock de rhum à la distillerie en 2017 et a décidé de l’embouteiller tel quel, dans une bouteille noire bien connue.

Pour information, une version single cask, tirée d’un fût unique, le 2598, existe. Il était apparemment meilleur que tous les autres et méritait d’être embouteillé seul. L’embouteillage est rigoureusement le même que celui-ci, si ce n’est la ligne orange, en plus de la noire, sur l’étiquette et la mention « single cask ».

Nez 

Dès l’ouverture de la bouteille et la chute de la première larme dans le verre, les arômes viennent me chatouiller le nez. Après avoir aéré quelques peu ce breuvage à la robe dorée relativement claire, le nez reste à la fois assez puissant et léger. Le profil est très « solvant », avec quelques notes d’agrumes et de bois qui s’en dégagent. Au fil de son aération dans le verre, le côté sucré devient plus présent. Je repère également quelques notes herbacées en toute fin de verre.

Bouche 

Sans surprise par rapport au nez, l’attaque est assez intense (rien d’étonnant quand l’étiquette mentionne 66%) mais n’est pas dérangeante. Les notes de poivre et d’agrumes sont majoritaires, avec quelques touches de vanille. Une certaine longueur en bouche s’installe alors que les solvants tapissent le palais, tout en gardant le côté sucré repéré au nez, et qui ne disparaissent pas rapidement.

Conclusion 

Un breuvage étonnant, qui n’a finalement vieilli que six ans, mais pour lequel la part des anges (évaporation du liquide dûe au vieillissement tropical) a été assez énorme. Il est assez rond et plutôt accessible, je pense, si on ne se laisse pas effrayer par le fort taux d’alcool et que l’on prend le temps de le dompter. Il reste à ce jour un de mes péchés mignons ! Pour trouver cette bouteille, c’est une autre paire de bretelles… À sa sortie il ne coûtait qu’une soixantaine d’euros, mais il est à ce jour épuisé quasi partout, même si il réapparait de temps à autres sur le marché parallèle.

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