Dégustation du soir, Martinique

2004: Dillon y bon?

Direction aujourd’hui l’île aux fleurs pour la dégustation de l’une des nouveautés de la distillerie Dillon: le millésime 2004! Mais avant ça, petite présentation de la distillerie que l’on voit peu passer, Dillon étant surtout associée au rhum blanc que l’on trouve en grande surface. Et ce n’est pas toujours synonyme d’un souvenir merveilleux tant la version trouvable (et embouteillée) en métropole est moyenne. Mais en Martinique l’image de Dillon est différente, d’abord à cause de cette même bouteille qui, embouteillée sur place, est métamorphosée paraît-il. Ensuite parcequ’à côté de ce blanc 55% la gamme Dillon n’est pas la plus fournie mais elle présente pas mal de valeurs sûres, notamment grâce au rapport qualité/prix toujours imbattable de la marque. Entre le VSOP ou le XO qui se trouvent aussi en grande surface et le Grenadier, tout le monde a déjà goûté à un Dillon.

Oui mais voilà, le rhum se « premium-ise » et la distillerie, depuis que son 1998 n’est plus disponible, se retrouve absente de cette gamme. Du coup l’annonce de ce 2004, à la fin de l’été 2019, a fait largement écho dans le petit monde du rhum. Il a d’ailleurs été suivi par d’autres annonces qui ont marqué le retour de la marque aux avant-postes (single casks 2003, brut de colonne). Dillon allait-il garder son rapport qualité/prix? Pouvait-on espérer un rhum aussi bon que le réputé 1998? Autant de questions auxquelles nous allons essayer de répondre 🙂

Photo: La Compagnie du Rhum

Le rhum présenté aujourd’hui a donc passé 12 ans de sa vie en fûts de chêne américain (comprendre, ex-fût de Bourbon) avant de terminer son vieillissement par une finition en fût de chêne français. Il a été embouteillé dans une carafe très esthétique, à la rondeur parfaite, au titre de 43%. Cette belle carafe est commercialisée en métropole à un tarif de 130€, ce qui constitue tout de même un prix non négligeable et un positionnement au-dessus des tarifs Dillon habituels. Cela se justifiera-t-il dans le verre? Verdict tout de suite 😉

Dégustation

Nez

Peu de place au doute lors du premier contact, oui le nez de ce Dillon est séducteur. Le profil allie gourmandise et complexité en intégrant les fruits et les épices dans son boisé délicat. J’y retrouve un mélange d’épices à base de réglisse et de cannelle, bien entendus accompagnés d’une vanille séductrice. Les fruits sont plutôt confits, avec notamment du raisin (sec), de la pêche, de l’orange et un peu de cerise. Le tout s’intègre dans un boisé fin pour donner un profil qui personnellement n’est pas sans me rappeler un bon Cognac bien fruité.

Bouche

La première gorgée nous apporte une belle confirmation: oui c’est aussi gourmand en bouche qu’au nez. La vanille est bien présente, accompagnée d’un peu de sucre, pour donner un profil presque « bonbon », c’est à dire doux et agréable. Pas d’agressivité de l’alcool ni d’arôme exubérant, simplement un rappel de ce que l’on avait aimé au nez, notamment avec le raisin et l’orange. Rayon différence (légère), le boisé est plus marqué, principalement en arrière-bouche, apportant un soupçon d’amertume cependant très vite équilibrée par la douceur du reste.

Comparaison: 2004 vs 1998

Étant donné qu’il me restait quelques centilitres sous la main, je me suis lancé dans la comparaison de ces deux carafes Dillon. Pas de réelle note de dégustation du 1998 mais vraiment une dégustation comparative.

Au nez, le 1998 est nettement plus « frais » que le 2004. Il n’a pas cette gourmandise de la nouvelle carafe. Les fruits tirent plutôt sur la pomme et la poire et ne sont pas forcément confits. Les épices quant à elle sont plus sèches que celles du 2004, avec une touche de cumin notamment.

En bouche les deux millésimes se rapprochent un peu plus, le 1998 acquérant une douceur sur son profil olfactif. Cette modification entraîne un côté plus confit des fruits, mais accompagnés par une petite acidité, là où le 2004 est totalement arrondi. Le résultat est moins « directement sexy » mais apporte une complexité supplémentaire.

Conclusion

Voilà donc une belle dégustation très instructive. La question était posée et nous avons maintenant la réponse: oui ce 2004 mérite tout autant que le 1998 de figurer dans votre bar. Il a cette finesse et cette gourmandise qui font qu’on y plonge sans trop de problème et nul doute que la bouteille devrait descendre rapidement. L’autre question portait sur le rapport qualité/prix et là je suis un peu plus partagé. Principalement, je l’admets, parceque Dillon nous a habitué a des prix plus bas sur ses produits qualitatifs. Mais aussi parceque 130€ me semble un peu trop pour le profil gustatif de ce 2004. Un prix autour des 100€ m’aurait sans doute plus convaincu de me laisser tenter. Il n’empêche qu’on a là une belle bouteille, au beau contenu et qu’il serait dommage de s’en priver, même s’il faut « payer » le prix de la carafe 😉

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