Dégustation du soir, Jamaïque

Long Pond: de Cambridge à Vale Royal

Lors du dernier Whisky Live de Paris, en septembre de l’année passée, une série de 4 rhums a retenu pas mal l’attention du public amateur de jus de canne. Ces 4 bouteilles sont les sorties de Velier (en commun avec la National Rums of Jamaica Ltd) de rhums distillés dans la distillerie Long Pond. On en avait touché un mot dans nos retours ici pour Cédric L et là en ce qui me concerne. Parmis ces 4 là, deux m’avaient convaincu et feront donc l’object de cette dégustation. Le temps faisant son effet je n’avais pas encore eu l’occasion de m’y replonger mais tout vient à point à qui sait attendre 😉

À noter que si vous désirez plus d’infos, notamment des photos, de la distillerie Long Pond, je vous renvoie vers le magnifique reportage de Cyril « Durhum » (par ici).


Vale Royal 2006 VRW – 62,5%

Premier des deux à passer sur le grill, nous voici face au « Vale Royal ». Pour l’histoire, le nom est un hommage à l’ancienne distillerie « Vale Royal Wedderburn » fermée en 1959. Le rhum que nous dégustons aujourd’hui aurait été distillé « comme à l’époque » donc (bon évidemment, difficile de vérifier). Si on se concentre sur l’étiquette on y apprend qu’on est face à un rhum ayant vieilli 12 ans sous les tropiques mais surtout qu’on à affaire à un Wedderburn: soit un des 4 principaux styles de rhums en Jamaïque et qui correrspond à un taux de composés non-alcool de 200 à 300 g/hlap. Le Mark VRW fait lui référence à un taux de 150 à 250 g d’ester/hlap. Bien sûr ces taux sont mesurés en sortie d’alambic (Pot Still à double retort dans ce cas-ci) et on l’a vu avec les Long Pond de chez Plantation que l’évolution en fût peut faire varier énormément ce taux (voir par ici pour l’explication en fin d’article). Du coup allons-y pour la dégustation de ce rhum qui est sorti à un prix autour de 135€.

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Rien à voir avec le Val d’Arryn (oui GOT me manque)

Nez

plutôt fruité, mêlé avec du solvant jamaïcain typique. C’est chaud, un peu sucré au nez. J’ai des difficultés à le cerner, ça va du fruit, plutôt frais et à chair blanche (poire) aux épices. Un peu de végétal aussi. Des notes de caramel et de vanille viennent après une bonne ouverture, ça s’arrondit. Du raisin sec, un côté pâtissier aussi, sur le cake au beurre.

Bouche

Herbacé et végétal en première bouche, mais aussi pas mal caramélisé. Ce caramel est d’ailleurs bien cuit, voire grillé/brûlé. Ce qui apporte un peu d’amertume malgré un côté sucré réel. Les fruits sont plutôt bien mûrs mais se retrouvent vite masqués par ce côté caramélisé. Il y a un peu du solvant que l’on retrouvait au nez aussi.

La longueur est relativement belle, sur le même profil que la bouche mais elle dépasse aisément la minute.


Cambridge 2005 STC ❤ E – 62,5%

Pour ce second rhum du jour nous sommes de nouveau face à un hommage, à l’ancienne distillerie de Cambridge Estate Distillery cette fois, fermée elle en 1947. Le style est ici un Continental Flavoured, ce qui correspond à un taux de 700 à 1600 g de composés non-alcool/hlap, accompagné d’un mark de STC ❤ E qui correspond lui à un taux de 550 à 700g d’esters/hlap. On devrait donc retrouver un profil bien plus chargé que le précédent, en tout cas ça aurait été le cas si on l’avait dégusté en sortie d’alambic. Voyons voir ce qu’il en est après 13 ans de vieillissement tropical pour ce rhum sorti à un prix de 155€.

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Non ça ne vient pas d’Angleterre 😉

Nez

De prime abord ça sent la pâte d’amande mêlée de solvant/colle à plein nez. C’est aussi pas mal pâtissier, sur la biscotte beurrée. Derrière il y a quelques notes de fruits qui se développent au rythme de l’ouverture du rhum dans le verre. Du caramel, du cacao et de la vanille viennent compléter le profil. Il y a une certaine filiation avec le Vale Royal à ce niveau là, c’est indéniable.

Bouche

À base de fruits trop mûrs, le profil devient plus « jamaïcain » classique. De la banane, des notes d’olive, de l’ananas et du solvant. C’est riche et plutôt lourd, pas forcément frais. Une touche d’amertume et une longueur sur le pâtissier du nez (la biscotte est de retour). La réglisse, absente jusqu’ici, fait son apparition dans la finale et sur la longueur. Des notes d’hydrocarbures sont aussi détectées par moments en arrière bouche.


Conclusion

Long Pond, via ses rhums, est depuis quelques temps en plein essort et surtout très à la mode. Les embouteillages de Plantation, ceux-ci faits par Velier ou encore le tout récent Mezan Long Pond single cask fp ne sont qu’une partie de l’iceberg mais sont révélateurs de cette tendance. Après la vague Hampden, voici donc venir la vague Long Pond? Qui plus est la distillerie réussit (à mon sens) mieux que son grand rival de Trelawny à varier les profils dans ses productions et à nous sortir des profils très différents. Tout ceci nous augure de belles choses pour les années à venir mais certainement aussi des embouteillages bâclés pour surfer sur la vague. Restons donc attentifs et profitons de cette vague jamaïcaine!

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