Dégustation du soir, Martinique

52,5 Nuances du Carbet (et plus si affinité)

Il est de ces phrases que l’on se dit tous à un moment ou à un autre en le pensant, mais sans vraiment savoir comme l’appliquer… Tout est donc parti de cette phrase: « faudrait que je les compare à l’occasion ».

Cette phrase, nous nous la sommes dite quand Neisson a sorti son Esprit Bio que l’on a voulu comparer à l’Esprit classique. Puis on se l’est redite quand Neisson a sorti sa cuvée Bio en voulant la comparer avec le 52.5% classique. Et enfin nous l’avons encore dite quand Neisson a sorti son « 52.5% conversion bio ». Puis ce blog participatif est né et avec mes co-rédacteurs (Cédric L et Michael), en passant en revue nos idées d’articles à faire, on est retombé sur ce comparatif des blancs Neisson. Alors on s’est dit: banco, allons-y!

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Les rhums

L’idée est donc de comparer entre eux les différents blancs « premium » de chez Neisson. Je ne vous ferai pas l’affront de présenter cette distillerie mais en revanche je vais vous présenter les différents rhums concernés, de gauche à droite sur la photo:

  1. Le Rhum Bio par Neisson, 52.5%: aka « le géant vert », ce rhum, sorti l’année passée pour célébrer les 85 ans de Neisson est certifié Bio. Il est issu de la canne récoltée sur une seule parcelle dans les plantations Neisson.
  2. Le Rhum en conversion par Neisson, 52.5%: aka « l’entre-deux », ce rhum est sorti cette année et il est issu des parcelles qui sont actuellement en conversion, c’est à dire déjà traitées comme les parcelles bio mais pas encore certifiées (il faut 3 ans de conversion avant de pouvoir prétendre à la certification).
  3. Le Rhum par Neisson, 52.5%: aka « la référence », ce rhum est la base absolue de la gamme Neisson à mon sens et aussi le rhum blanc que je préfère avant tous les autres. Il s’agit d’une cuvée à forte majorité de canne bleue. Il est ici dans sa carafe d’apparat mais c’est le même rhum que celui présenté dans la bouteille Zepol Karé classique.
  4. L’Esprit par Neisson, 70%: aka « le patron », ce rhum est sorti pour les 70 ans de Neisson et ne devait être qu’une édition temporaire. Mais le résultat était à ce point réussi qu’il a subsisté et est toujours présent au catalogue. Le rhum est à peine réduit en sortie de colonne pour atteindre les 70% (hommage aux 70 ans).
  5. L’Esprit Bio par Neisson, 66%: aka « le bras droit », ce rhum est sorti en 2016 est le premier rhum AOC certifié Bio. Il est sorti dans la foulée de deux version « Tatanka » et titre légèrement plus bas que son prédécesseur non-bio.

Place aux matchs: 1ère manche, les 52,5%IMG_20181214_200700-01.jpeg

Tout bon sportif vous le dira: pas d’effort sans échauffement. Du coup, on a aussi commencé en s’échauffant avec un ti-punch au 52,5% classique. Évitons l’accident bête avec un démarrage à froid, un claquage est si vite arrivé!

Ensuite place aux choses sérieuses avec les trois « 52.5 » en dégustation sèche cette fois: le classique, le conversion bio et le bio!

Nez

Les premières effluves ne trompent pas, nous sommes ici sur des blancs de qualité. Ça sent bon l’artisanat, la canne fraîche, c’est hyper végétal. Le classique dévoile des notes plus sèches, avec un côté poivré et réglisse. Un petit côté minéral et une pointe de citron également.

On retrouve quelque chose de plus doux sur le conversion et sur le bio. Le conversion dévoile un côté terreux et fruité à la fois, tirant très fort sur l’orange et le pamplemousse. Un peu de foin et un coté « pain azyme » sont aussi présents.

Le bio lui développe encore un peu plus le fruit avec du citron et de l’orange. À ces fruits il faut ajouter quelques pointes florales douces comme une brise de printemps, ce qui a tendance à le démarquer nettement des deux autres.

Bouche

Côté bouche les trois sont très ronds, presque gourmands, c’est vraiment quelque chose de qualitatif. C’est aussi intense et chaud. Encore une fois, le 52.5 classique est comme une première étape, plus classique (facile), plus accessible. Il tire sur la canne, les agrumes (en particulier le citron) et une pointe de poivre.

Le conversion et ensuite le bio viennent y greffer de nouveaux arômes comme des calques qui se superposent pour venir former un ensemble gustatif impressionnant et terriblement bon ! Le conversion dévoile ici aussi des notes plus fruitées, sur l’orange, un citron léger, et d’autres agrumes encore plus subtils. Il y a un petit côté plus herbacé et épicé, comme une tisane au thym. Une pointe de foin est parfois détectée aussi.

Le bio, lui, rajoute à cela un aspect plus gras, presque beurré. Il est gourmand, chaud et agréable. L’orange prend ici le pas sur le citron.

Inutile de préciser que pour chacun, la finale et longue et agréable. Ce sont des rhums blancs intenses et vraiment exceptionnels.


2ème manche: les Esprits

Après quelques accras faits-maison (une première pour Michaël qui était aux fourneaux) et un bon repas, continuons avec le match de la soirée : L’Esprit 70% versus l’Esprit Bio 66%.

Nez

Voila deux spécimens d’exception. Commençons par la version Bio, légèrement moins puissante. Le nez est iodé, avec un citron très présent. Il est accompagné d’un côté canne florale, un peu sauvage. Le solvant est bien la aussi, mais sans être agressif. Ensuite, après quelques longues minutes, apparaissent des notes de poivre, de muscade et de tabac froid.

Le classique lui est tout de suite plus intense. C’est plus végétal et minéral à la fois. L’alcool est à la limite de l’agressif: il ne faut pas tremper son nez dedans, sous peine de souvenirs indélébiles. Cette fois l’iode est beaucoup plus discrète et laisse plutôt la place au poivre.

Bouche

En bouche, la version classique et piquante, très chaude. On reste sur le végétal avec un côté épicé (poivre) et des notes de cannelle. Il y a aussi un côté « cassonade », des agrumes (citron et orange) et en fin de bouche, on a un petit côté « tandoori » pour Michaël.

Le Bio, lui, dévoile un panel plus généreux avec des notes de poivre et de réglisse notamment. Du citron est présent aussi, tout comme un côté floral et une pointe iodée. Ensuite on a une explosion à retardement en bouche avec un côté végétal très marqué et une pointe de menthol.

Dans les deux cas, la finale est longue et chaude. Elle laisse des souvenirs longtemps en bouche. On reste sur une ligne végétale et pour le bio, légèrement fruitée. Là ou la version classique est plus monolithique, la version bio s’éloigne un peu du tracé et propose des notes différentes.


Conclusion

Difficile donc de déterminer un gagnant dans la première manche et honnêtement, chacun y trouvera son compte. Cédric L et Michaël préfèrent le bio pour son côté floral. Quant à moi, j’aurais du mal à les départager tant l’un prendra le pas sur l’autre selon les circonstances. Dans la deuxième manche c’est un plébiscite pour la version bio que nous jugeons tous les trois plus agréable et aboutie.

On peut donc sans hésiter se dire que Neisson va continuer à nous régaler avec ses rhums à l’avenir puisque ce sont les versions bios qui se démarquent et qu’elles sont à priori l’avenir de la distillerie! Vivement les vieux bio donc 😀

1 réflexion au sujet de “52,5 Nuances du Carbet (et plus si affinité)”

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