Dégustation du soir, Jamaïque

DOK: Terra incognita?

Dans le monde des passionnés de spiritueux, on a beau suivre un maximum les nouvelles sorties, il reste toujours des bouteilles qui parviennent à passer sous le radar. Des bouteilles qui sortent de nulle part et qui pourtant auraient dû être attendues, soit parce qu’on suit la marque, soit parce que sur le papier elles nous font saliver. Ces bouteilles, bien souvent, nous apparaissent trop tard pour espérer y goûter et même en acheter. Et puis parfois, au détour du réseau de connaissances qu’on se tisse tous dans le milieu, une opportunité surgit. C’est l’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui!

Tout commence par une vague de nouveaux embouteillages annoncés par une marque que j’essaye de suivre de près: 1423 SBS. Automne 2018, ils annoncent leurs sorties, parmi lesquelles un jamaïcain de chez Monymusk. Comme d’habitude je me tourne alors vers Jérôme qui a toujours la chance de goûter leurs rhums en avant-première pour voir ce que ça donne. Nous discutons et au détour de la conversation il me dit que le rhum qu’il attend surtout n’est pas dans cette vague et que SBS va nous sortir un Hampden très intéressant. Le temps passe et aucune trace de cette pépite…jusqu’à ce qu’une demande d’information auprès du boss nous confirme nos craintes: il est déjà sorti et sans doute sold-out 😦

C’est à ce moment là qu’entre en jeu « le réseau » et que par le biais d’une connaissance rencontrée sur un des salons 2018, j’apprends qu’en effet le SBS est soldout, même au Danemark, mais qu’il existe une bouteille soeur car SBS a cédé un des fûts à un autre embouteilleur danois inconnu. Mieux même, mon « ami de rhum » me dit qu’il peut me récupérer une bouteille et me l’expédier! #Fête

Présentation et dégustation

Le rhum en question est donc un rhum issu de la distillerie jamaïcaine qu’on ne présente plus, Hampden. Le « mark » qui lui a été associé est le mark le plus élevé: DOK, qui correspond à un taux de 1500-1600 g/hlap d’esters. Déjà ça, c’est pas commun et il faut aimer les rhums très aromatiques pour s’en approcher… Ensuite celui-ci a été distillé en 2018 (si si) et a passé 6 mois en fût de 40 litres ayant contenu du sherry PX avant d’être embouteillé à 60% en bouteille de 50cl. Aucun autre vieillissement donc, et pas d’ajout de quoi que ce soit, mais une couleur à faire baver n’importe quel amateur de rhum! Si ça ce n’est pas un profil atypique, je ne sais pas ce qu’il vous faut 😀

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La bête 😉

Nez

Aucun doute, ça sent la Jamaïque dans tout la pièce dès l’ouverture de la bouteille! Après aération du verre j’y plonge le nez et là c’est un bouquet plus que garni. Le premier nez est à la fois pâtissier et fruité. Des arômes de brioche beurrée, d’amande, de frangipane et même de cacao, qui se mêlent aux arômes de fruits exotiques « juste » mûrs, pas trop ou même pourris comme on peut le retrouver parfois. Une certaine acidité toute jamaïcaine est aussi présente, elle pousse d’ailleurs des effluves d’orange très agréables. Enfin on retrouve un léger boisé, discret cependant. À noter cependant qu’à aucun moment je n’ai eu de sensation de brûlure d’alcool malgré le titre de 60%. L’intégration est magnifiquement réalisée.

Bouche

Après un tel nez, les attentes sont forcément élevées au moment de porter le verre à la bouche. Et la première gorgée répond présente: c’est une véritable explosion! le profil est assez proche de celui du nez avec l’acidité relevée précédemment, mêlée aux fruits secs en général et aux amandes en particulier. Les fruits sont bien là aussi, mais pas forcément l’ananas que l’on attend systématiquement sur un Hampden chargé. Mon palais associerait les sensation perçues à du fruit de la passion et des agrumes. Bien entendu c’est pâtissier, toujours cette brioche beurrée qui enrichit le profil. Le verre vide révèle des arômes boisées et une cerise assez marquée, étonnamment non détectée en bouche.

La longueur est évidemment énorme. Le rhum reste très présent en bouche même quelques minutes après la dernière gorgée et près d’une heure après la fin du verre je me surprenais encore à détecter l’un ou l’autre arôme… Complètement fou!

Conclusion

Difficile de conclure sur un tel rhum. Le profil était totalement atypique sur papier et la dégustation est venue confirmer les attentes. L’impression générale est un « wahou » que l’ont accompagnerait d’une formule genre « ne pas laisser à portée des débutants » tant ce rhum est extrême. Cependant je dois bien avouer que c’est bien plus gourmand que ce à quoi je m’attendais et que même si c’est le genre de rhum qu’on ne boit pas tous les jours, la demi-bouteille risque de ne pas faire long feu!

1 réflexion au sujet de “DOK: Terra incognita?”

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