Dégustation du soir, Jamaïque

Worthy Park : nouveautés 2019

Nous restons dans la lignée de notre soirée Worthy Park du mois dernier avec cette fois-ci une plongée dans les nouveautés de la gamme officielle de la distillerie. Pour cela nous nous plongeons tous les trois, Michaël, Cédric L et Cédric S, dans les trois « finish » proposés. Au programme un rhum de 2013 vieilli en fût de Bourbon avant de terminer son vieillissement en fût d’Olorosso (1612 bouteilles), un rhum de 2013 vieilli aussi en fût de Bourbon avant un passage en fût de Monbazillac, Sauternes, Moscatel et Jurançon (1318 bouteilles, 52% ) et un troisième de 2015, toujours vieilli en fût de Bourbon mais passé ensuite en fût de chêne neuf. Celui-ci a été sélectionné par The Nectar et sera donc disponible en exclusivité chez le distributeur belge (342 bouteilles – 55%).

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Dégustation

Visuel

Le visuel est quasi identique sur les trois rhums présentés. On a une belle robe orange cuivrée, limpide, avec des larmes plutôt épaisses et des jambes qui glissent tout doucement dans le verre. La lumière qui traverse les trois donne un aspect assez gourmand. Inutile de dire aussi qu’à peine dans le verre, les arômes embaument la pièce. Un petit écart avec le virgin oak qui semble plus fin, avec des larmes plus légères et des jambes qui glissent bien plus vite. Il semble moins huileux que les deux autres.

Nez

Les trois rhums se différencient directement une fois dans le verre. Commençons par l’Olorosso qui présente un boisé plutôt sec, accompagné d’un côté rancio/vieux vin inévitablement apporté par le finish. Celui-ci apporte aussi ses notes fumées à l’ensemble. Le reste des arômes vient du Worthy Park initial avec de l’ananas vert, de la myrtille, de la mûre et des notes de cacao. Le côté « jamaïcain » est très discret avec un peu de solvant et d’amandes.

Le Quatre Vins est lui plus marqué par le vin blanc. Plus jeune en bouche avec du fruit à chair blanche et jaune (pêche, prune, banane, raisin). Ceux-ci s’accompagnent de cire d’abeille, d’un fumé léger, d’un boisé presque humide et de solvant évidemment.

Enfin le Virgin Oak qui présente un profil assez boisé/épicé. Le fumé léger est toujours présent, comme un fil conducteur de ces 3 rhums. Les fruits sont là aussi avec de la banane, de l’abricot, du raisin et un peu de cerise. Un côté végétal/herbacé pour Michaël et du chocolat pour Cédric S.

Bouche

On commence aussi avec l’Olorosso qui marque en bouche une explosion de fruits, mêlés à un rancio certain. Il y a pêle-mêle de l’ananas, de la mangue, du fruit rouge, du raisin, de la banane. Le finish apporte un côté vineux léger qui se mêle au boisé et aux notes pâtissières. La vanille et le solvant viennent complèter le profil. La longueur est cohérente, avec des fruits vanillés, mais elle est complétée par des notes chocolatées. Direction ensuite le Quatre Vins avec un réel côté vin rouge. C’est assez boisé même si c’est ponctué de fruits. On y retrouve de la banane principalement, mais aussi quelques notes d’agrumes. Le profil est légèrement fumé/grillé et se teinte donc d’arômes de caramel. Michaël y retrouve une douceur florale avec une finale dans laquelle le vin ressort, alors que pour Cédric S c’est au contraire plutôt marqué par l’amertume assez tôt. Pour le dernier les avis sont de nouveaux partagés. Là où Michaël y trouve un profil de rhum trop jeune avec du bois jeune et un fort côté herbacé, Cédric S y trouve un jamaïcain chocolaté plutôt gourmand. Cédric L lui y voit un rhum plutôt boisé et vanillé. Alors oui, on a tous goûté le même sample… mais sans doute que la durée d’aération est venue s’ajouter aux paramètres habituels de variation (différences de palais).

Conclusion

Étant donné les différences de ressenti de chacun, il va être difficile de faire une conclusion commune. On va néanmoins essayer de grouper ce qui est groupable. Premièrement: pas de gros coup de coeur. Certes l’Olorosso se profile comme étant sur la première marche du podium mais on ne peut pas parler d’effet « woaw ». Il a bien plu à Michaël, mais les deux Cédric sont plus mesurés. Deuxièmement une impression commune de finish qui en vient à faire oublier qu’on a un rhum jamaïcain à la base. Certes c’est fruité et parfois marqué par le solvant, mais à côté d’autres rhums de chez Worthy Park, c’est le jour et la nuit. Pour le reste, Cédric L et Michaël placent le Quatre Vins en 2e position et le Virgin oak en dernière place loin derrière. Pour Cédric S c’est l’inverse, une question de ressenti personnel et de profil organoleptique plus ou moins plaisant. Au final la dégustation était intéressante notamment pour mettre en évidence ces différences de ressenti justement, qui nous ont permi de réaliser à quel point certains rhums peuvent être clivants. Autant d’habitude nos notes de dégustation sont relativement proches et se recoupent assez, autant ici elles sont vraiment parties dans des directions différentes. C’était très instructif et rien que pour ça, l’exercice en valait la peine 🙂

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